Le frelon asiatique est présent dans presque tout le sud-est asiatique : nord de l’Inde, Bouthan, Myanmar, Thaïlande, Laos, Vietnam, sud-est de la Chine, Taïwan, Péninsule Malaisienne et archipel indonésien.
En novembre 2005 il est observé pour la 1er fois en France, plus exactement
dans le Lot et Garonne à Nérac par Mr J.P. Bouguet, entomologiste amateur.
L’homme est très surpris par la couleur foncé de ce frelon, différent du frelon
européen qu’il connaît bien.
L’insecte est d’un brun foncé presque noir, au thorax entièrement brun noir
velouté et aux segments abdominaux bruns, bordés d’une fine bande jaune. Le
quatrième segment de l’abdomen est presque entièrement jaune orangé, les pattes
brunes sont jaunes à l’extrémité.
La tête est noire et la face jaune orangé.
Le
frelon européen qui a pour unique représentant V. crabro, a le corps taché
de roux, de noir et de jaune; son abdomen est jaune rayé de noir.
Dès 2005 un nid sera trouvé, preuve qu’il ne s’agissait pas de la découverte
d’un individu isolé et surtout on peut suspecter qu’il s’est acclimaté.
Depuis
cette date, le frelon a colonisé une partie du sud-ouest de la France, ce
qui est inquiétant c’est qu’il parvient à se reproduire. Est-ce qu’un hiver
très rigoureux parviendrait à nous en débarrasser ? Ou simplement diminuer
la population et freiner son expansion ?
Les reines hivernant dans la nature seront vulnérables au froid d’un hiver
plus dur mais celles qui auront trouvé refuge dans une habitation tel un grenier
ou quelques autres sites abrités, résisteront très certainement.
Comment
est on arrivé là ?
Vraisemblablement dans un container de fruit exotique, un envoi quelconque
de matériels qui aurait pu abriter un nid ou bien un groupe d’individus suffisant
pour pérenniser l’installation . D’après les Services de la Protection des
Végétaux de Tonneins (Lot et Garonne ) elle serait due à l’importation de
cartons de poteries venant de Chine ; Ils citent un producteur de bonzaïs
qui déclare avoir vu dés l’été 2004 des frelons asiatiques voler près de chez
lui. Il détruira l’hiver suivant un nid juché en haut d’un arbre mais le nid
est vide puisque comme toutes les guêpes sociales « famille des Vespidés ,
guêpes, frelon …» ne vivent qu’un an, seule la reine survie à l’hiver. Les
mâles ainsi que les ouvrières meurent, la reine fécondée recrée un nouveau
nid les beaux jours venus, donnant naissance à une première génération d’ouvrières
qu’elle devra nourrir elle même, puis cette population d’ouvrières, qui sont
de jeunes femelles stériles, prendra soin à son tour des nouvelles larves
et de l’agrandissement du nid.
Ainsi va croître le nid et la population de guêpes ou de frelons jusqu'à la
fin de l’été ou plusieurs jeunes reines quitteront le nid accompagnées de
mâles pour les féconder, jeunes reines qui a leur tour fonderont de nouvelles
colonies l’été venu. Ainsi prolifère l’espèce.
A
quoi faut-il s’attendre ?
Les premières observation tendent à montrer que le frelon « chinois » n’est
pas particulièrement agressif pour l’homme. Pas d’inquiétude spécifique à
avoir du moins pas plus que pour des frelons communs, il faut tout de même
prendre garde à nos enfants que la curiosité face à un nid pourrait mettre
en danger de se faire piquer.
Concernant les activités agricoles et surtout apicoles les inquiétudes sont
plus grandes, ce frelon s’attaque aux fruits mûrs comme le frelon commun mais
sa particularité est qu’il dévaste les colonies d’abeilles tuant les gardiennes
puis les ouvrières allant jusqu’à emporter les larves du couvain jusqu'à son
nid pour nourrir sa progéniture.
Dans ses contrées d’origines, il est responsable de graves dégâts sur les
ruchers d’abeilles Apis cerana qui pourtant a développé une technique particulière
de défense contre ce prédateur. Elle lutte en entourant le frelon agresseur
en grand nombre pour augmenter sa température, une fois que celle ci atteint
45° le frelon succombe, les abeilles, elles, résistent à une température de
50° . Les attaquent répétées des frelons affaiblissent les ruchers par les
pertes directes d’abeilles mais aussi en occupant les abeilles à d’autres
tâches qu’approvisionner la colonie.
Apis mellifera est également confrontée au frelon asiatique car elle est élevée
elle aussi en Asie depuis quelques décennies, les observations montrent qu’elle
a également développé une technique de défense similaire, quoique moins efficace
cela étant certainement dû à une adaptation encore trop récente à ce prédateur.
Que
peut-on faire aujourd’hui ?
Fin 2006 la présence du frelon asiatique Vespa velutina est attestée dans
13 départements du sud-ouest, son acclimatation paraît faite, malheureusement,
personnellement je continue à espérer qu’un hiver bien froid pourrait nous
en débarrasser mais espérer ne suffit pas.
Alors restons vigilant et attentifs à notre environnement, nos observations peuvent nous amener à rencontrer ce frelon, si tel est le cas il faut avertir la mairie du lieu, la DSV ( les services vétérinaires ou bien envoyez moi un e mail avec si possible des photos ainsi que les coordonnées exactes de l’endroit de l’observation du nid.
Ies premières observation semblent indiquer que le frelon asiatique niche
plutôt dans les hautes branches des grands arbres en zones urbaine ou agricole,
il semble profiter des vallées des cours d’eau pour se disperser et progresser
sur notre territoire. Il a toutefois été observé des nids installés dans des
bâtiments ouverts de type hangar, sous des terrasses, plus rarement dans des
trous de mur ou dans le sol.
Les nids sont de formes sphériques pouvant atteindre 60 cm de diamètre, le
trou d’entrée est situé sur le coté alors que pour le frelon européen le trou
d’entrée est toujours situé à la base.
Les nids sont en « papier » de couleur beige claire, les guêpes et les frelons
utilisent la cellulose du bois qu’ils malaxent pour construire leurs habitats.
Je me souviens enfant avoir été attiré par des nids de frelons, leurs formes
et leurs aspects de boules de papier me fascinaient, je l’ai souvent regretté
et l’expérience aidant j’ai cessé « d’y mettre mon nez de trop prés ».
Pour
ma part je vais commencer le piégeage près de mes ruches pour limiter la pression
des attaques de frelons européens sur mes abeilles, je pourrais ainsi surveiller
dans mes prises s’il se trouvent des spécimens de type V velutina.
Je confectionne mes pièges très simplement avec de la bière mélangée avec
un peu de miel , l’alcool attire
les guèpes et les frelons mais pas les abeilles.
Cet
article évoluera, je compte bien ajouter aux fils de mois les informations
supplémentaires portées à ma connaissance et les résultats de mes propres
constatations.
Robert Fournier Apiculteur
Principale source:
http://www.inra.fr/opie-insectes